Notre conception de la formation

Notre conception de la formation

Issue du rapport moral 2019 de Trajectoire Formation

Depuis 2014, quatre réformes de la formation professionnelle se sont succédées. Ce rythme nous questionne : intention politique ou simple gestion technocratique ? Enjeu de société ou baisse de la dépense publique ? Quelle conception de la formation se dégage de ces réformes de la formation ?

La loi du 6 septembre 2018 « Pour la liberté de choisir son avenir professionnel » ne laisse plus la place au doute. Le « big bang de la formation » revendiqué par la ministre, affirme son inscription dans une logique de marché. La formation est considérée comme un bien de consommation comme un autre. Se former ; c’est consommer ! Mesure emblématique de cette réforme « le Compte Personnel de Formation, CPF monétisé » exprime à présent le droit à la formation en euros. Notons également que le texte de loi ne parle plus de salarié mais d’actifs occupés.

Ainsi donc, chacun aurait donc la liberté de choisir son avenir professionnel, la responsabilité lui appartenant de faire les bons choix et de développer ses compétences pour être employable… si mauvais choix il y a, que chacun s’en prenne à lui-même !

La formation se réduirait donc à l’instrument de l’adéquation rêvée « offre et demande de compétences ».

C’est bien méconnaître l’action de se former et l’acte de former !

Se former c’est se transformer et, former c’est transformer

Trajectoire Formation l’a inscrit ainsi dans son projet associatif 2.0 : nous revendiquons l’enjeu de transformation de la formation et par la formation.

La transformation individuelle trouve sa traduction dans de belles trajectoires personnelles : on observe tous les jours ses impacts dans les logiques de parcours. Combien l’accès à un diplôme transforme l’image et l’estime de soi ! C’est particulièrement flagrant pour les personnes qui valident un BAPAAT, mais plus généralement, on le constate aussi pour celles qui obtiennent un BPJEPS, un DEJEPS ou un DESJEPS après avoir tâtonné dans des études sans débouchés pour eux ou des boulots précaires. Combien l’identité professionnelle se construit et s’affirme via les parcours formatifs, permettant à chacun d’être auteur-acteur de sa navigation professionnelle !

La formation est un formidable levier d’émancipation. En ce sens, elle s’inscrit à part entière dans l’Education Populaire. Emancipation individuelle, mais également émancipation collective : l’enjeu de la formation vise la transformation des métiers et des pratiques au sein des organisations et plus globalement du champ professionnel. Les collectifs que nous accompagnons, dans le cadre notamment de la formation continue, développent leur pouvoir d’agir dans des contextes et situations professionnelles complexes. La démarche d’alternance et les projets menés par les stagiaires en formation diplômante, sont également autant de leviers de transformations.

Expériences et réflexivité

En référence à l’approche expérientielle, la recherche en formation d’adultes montre qu’un adulte se développe en vivant des expériences. Les apprentissages ne sont jamais aussi forts que quand ils partent d’une expérience partagée à partir de laquelle des contenus, des méthodes et des enseignements peuvent être travaillés. Il s’agit donc de proposer une démarche de formation articulée à un travail sur les pratiques. Partir de ce que les professionnels mobilisent déjà dans leur activité nous paraît fondamental pour travailler à partir des questions concrètes telles qu’elles se posent sur le terrain. Le savoir de la pratique est complété et orienté par le savoir sur la pratique. La pratique professionnelle renvoie au savoir agir qui ne saurait se réduire à savoir faire : c’est aussi prendre des initiatives et des décisions. Ainsi, la formation permet de produire / formaliser / expliciter de nouvelles connaissances à partir des pratiques. Autrement dit, collectivement, les professionnels vont identifier et formaliser « ce que la pratique leur apprend ». Conçu comme un espace de coopération, l’enjeu formatif pour les praticiens est de développer leur capacité de réflexivité et de distanciation critique. C’est ce que la didactique professionnelle nomme « formation en situation de travail ».

Dimension collective : on ne se forme pas tout seul

Personne n’éduque autrui, personne ne s’éduque seul, les hommes s’éduquent ensemble par l’intermédiaire du monde.

Paolo Freire

Le groupe est une composante essentielle de la démarche formative. J’apprends des autres, j’apprends par les autres, j’apprends avec les autres. Le collectif est ressource. Le groupe en formation constitue un espace idéal pour construire de la compétence collective, mettre au travail des problématiques partagées, faire équipe.

L’acte de former nécessite des compétences pour faire vivre des collectifs. Encore plus aujourd’hui dans un contexte où se développent les parcours modulaires. La vie des promotions est quelque peu bousculée, il s’agit de créer des dynamiques collectives, malgré, grâce et avec, des compositions de groupe à géométrie variable.

La formation s’inscrit sur un territoire…

Nos ancrages et les partenariats que nous développons dans l’Aire Urbaine, plus généralement en Région Bourgogne Franche Comté et dans le Sud de l’Alsace, font de notre association un acteur du développement social local.

Ce fut le cas, dès 1994, quand nos formations ont contribué à la professionnalisation de l’Éducation populaire dans le nord Franche-Comté. Ce fut le cas quand l’agglomération du Pays de Montbéliard nous sollicita pour penser avec elle le projet de Maison des Métiers de la Ville.

Ce réseau, aujourd’hui densifié et démultiplié, nous fait confiance pour former ses salariés, nous interpelle sur des changements que nous travaillons à comprendre collectivement, nourrit notre réflexion par la créativité ou l’audace de ses projets, nous sollicite pour des appuis auprès de ses équipes.

Des fidélités se tissent, années après années, entre stagiaires d’une même promotion, entre titulaires d’un même diplôme, avec des fédérations régionales et nationales, avec des collectivités, au-delà des alternances politiques. Nous les mesurons au plaisir que chacun manifeste à revenir à la Maison des Métiers de la Ville (pour prendre un café, intervenir en formation, participer à un atelier du mercredi, une communauté de pratiques). Pas à pas, c’est une communauté ouverte qui se compose et se recompose ici, incarnant et réinventant des manières de vivre ensemble et d’être en lien.

Dans le projet TF 2.0, nous nous engagions à :

  • Intégrer toutes les possibilités du numérique pour enrichir nos pratiques de formation.
  • Puiser dans la multitude d’expériences d’Education Populaire pour renouveler nos contenus et apports.
  • Inventer de nouvelles formes et de nouvelles modalités de formation.
  • Construire de nouveaux savoirs via de nouveaux espaces d’élaboration permettant le croisement des savoirs théoriques, expérientiels et d’actions.

Aujourd’hui, les politiques publiques placent l’innovation comme levier des transformations souhaitées. Là où « l’innovation » est utilisée comme incantation ou comme une formule magique, nous préférons celle de « projet » (qui fait sens) et de « créativité » (qui donne vie).
Au-delà des termes, c’est ce qui fait l’essence même de notre Association et de notre action depuis 25 ans…
Et nous, conseil d’administration et équipe de Trajectoire Formation, comptons bien continuer !

Trajectoire Formation se former aux métiers de l'animation à Montbéliard

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